Comptabilité pair-à-pair

Comment lire ce rapport : Si vous n’êtes pas un expert mais que vous vous intéressez aux infrastructures futures, le chapitre 1 est le chapitre " visionnaire " le plus lisible, qui vous donnera les grandes lignes de ce que nous voulons réaliser avec ce rapport. Les chapitres 2 et 3 s’adressent aux experts les plus motivés qui s’intéressent particulièrement à un certain nombre d’outils techniques qui deviennent disponibles pour permettre cette vision. Chacun de ces chapitres a également sa propre introduction contextuelle, qui pourrait être utile pour le lecteur moins technique.

La question clé abordée dans cette étude est de savoir comment changer un système qui encourage et récompense l’extraction - mais ne peut pas reconnaître et récompenser la richesse créée par les activités génératrices - vers un système qui est capable de récompenser et d’encourager les pratiques génératrices.

Le présent rapport est fondé sur l’idée que l’une des principales faiblesses de l’économie politique actuelle est son incapacité à reconnaître et à gérer les " externalités ", en ce qui concerne les coûts et les avantages reçus ou causés par des acteurs économiques qui ne sont pas comptabilisés ou payés. Sous le capitalisme, une entreprise devient compétitive en grande partie à cause de sa capacité, et de celle du système dans son ensemble, de ne pas " payer " pour des contributions sociales et environnementales positives, et de laisser la réparation des dommages sociaux et environnementaux à d’autres acteurs, c’est-à-dire principalement les citoyens ou l’Etat. Il n’existe pas de solution structurelle pour financer les activités (ré)génératives, sauf la plupart du temps " après coup " ou par le biais de " réglementations " qui sont imposées " de l’extérieur " par la force coercitive de l’État. Ce rapport examine les efforts en cours, même sous forme de prototypes et d’expériences, pour remédier à cette situation, c’est-à-dire pour avoir un système productif qui peut répondre aux besoins humains sans violer les frontières extérieures, un peu comme Kate Raworth l’a expliqué dans son livre Doughnut Economics. Ces solutions se situeraient beaucoup plus " en interne ", au sein même du système de production. Cette façon de penser est analogue à celle qui consiste à penser à une " prérépartition " de la richesse plus juste sur le plan social, plutôt qu’à une simple " redistribution ". Ces solutions ne remplaceraient pas la réglementation externe, qui a encore un rôle à jouer, mais la compléteraient.

Nous croyons qu’un nombre important de ces ingrédients nécessaires à un tel changement structurel sont disponibles par le biais de certains des systèmes techno-sociaux émergents qui évoluent conjointement avec les réseaux distribués.

Le premier élément structurel est le partage des chaînes d’approvisionnement pour une économie perma-circulaire. À la Fondation P2P, nous croyons qu’une économie circulaire ne peut être réalisée sans partager les connaissances logistiques qui sont actuellement enfermées dans les jardins clos de la logistique privée. Ce n’est qu’en partageant les intrants et les extrants des uns et des autres que les partenaires d’un écosystème ouvert pourront s’adapter à une véritable économie circulaire. Dans ce rapport, nous accordons une certaine attention à une évolution vers une collaboration écosystémique, mais sans entrer dans les détails des chaînes d’approvisionnement elles-mêmes. Le concept de " perma-circularité " fait référence à la nécessité de maintenir la croissance de notre consommation matérielle et énergétique en dessous de 1% par an, afin d’éviter l’augmentation exponentielle des ressources dont nous avons besoin sur notre planète.

Nous prêtons attention à un certain nombre de technologies qui nous permettront d’évoluer vers des écosystèmes de collaboration, en particulier les grands livres distribués ouverts et partagés, provenant pour la plupart de l’espace de développement technique dit " de la chaîne de blocs ". Mais nous nous concentrons en partie sur les développements " post-blocchain ", qui évitent un certain nombre de problèmes systémiques associés à la première génération de technologies de la chaîne de blocs, par exemple, les problèmes d’échelle, la consommation exponentielle d’énergie, etc. Les coopératives protocolaires sont des référentiels mondiaux de connaissances, de codes et de conception open source, qui permettent à l’humanité de créer des infrastructures pour la mutualisation des principaux systèmes d’approvisionnement (tels que l’alimentation, l’habitat, la mobilité), et qui sont régies par les différents acteurs concernés, dont les citoyens affectés.

Avec les grands livres distribués, trois nouvelles formes de comptabilité collaborative peuvent être introduites, qui permettront aux acteurs économiques de gérer leur production tout en reconnaissant les externalités sociales et écologiques positives et négatives. 1) La comptabilité contributive, dont nous avons discuté dans notre rapport précédent. 2) Les valeurs de l’économie commune, permet la reconnaissance de tous les types de contributions, pas seulement le travail salarié. 3) La comptabilité REA, c’est-à-dire la comptabilité des ressources, des événements et des agents, permet aux acteurs de considérer leurs transactions comme faisant partie d’un écosystème de collaboration, qui est une " comptabilité des flux " plutôt qu’une vision basée sur l’accumulation d’actifs dans une seule entreprise. Enfin, nous avons besoin d’un accès direct aux " flux thermodynamiques " réels qu’exige la production, c’est-à-dire les quantités de matière et d’énergie nécessaires, dans le contexte des frontières planétaires.

Le chapitre 1 de ce rapport est un résumé de dix années de recherche à la Fondation P2P (y compris celle menée par notre propre laboratoire P2P mais aussi par nos partenaires dans des programmes de recherche communs) sur ce que nous savons aujourd’hui de l’économie commune en émergence. Il comprend un exposé de base des raisons pour lesquelles l’“invention” de la chaîne de blocs a été importante, mais souligne que les grands livres distribués nécessaires pourraient prendre d’autres formes à l’avenir. Cette section n’offre peut-être pas beaucoup d’éléments nouveaux pour ceux qui connaissent déjà le sujet sur le plan technologique, mais elle présente un engagement critique à l’égard des qualités et des défauts du modèle actuel et suggère comment il peut être modifié et transformé pour servir aussi de base à une économie post-capitaliste et centrée sur les communes.

Le chapitre 2 du présent rapport décrit en détail divers projets technologiques qui pourraient servir d’outils pour développer des écosystèmes de collaborations, à partir de grands livres distribués. Notre objectif ici est de montrer que des solutions sont en cours d’élaboration, mais qu’elles restent fragmentées à ce jour, de sorte que notre objectif est de démontrer qu’un alignement vers une intégration plus poussée conduirait à des avancées significatives vers une production durable.

Enfin, le chapitre 3 met l’accent sur les innovations comptables dont nous aurons besoin et qui devront être intégrées dans les nouvelles pratiques basées sur des chaînes d’approvisionnement partagées utilisant des grands livres partagés. Ceci inclut, comme expliqué ci-dessus, des outils de comptabilité contributive, basée sur les flux et thermodynamique.

Le présent rapport ne se concentre pas sur les innovations au sein des principaux acteurs industriels en quête d’une plus grande durabilité, mais sur les formes de semences qui, en n’ayant pas à traiter avec les systèmes existants, sont mieux à même de se réorganiser en harmonie directe avec les possibilités offertes par les nouveaux outils qui reflètent le nouveau paradigme. Bien sûr, cela signifie qu’ils ont moins de ressources, mais ils offrent des indications plus claires pour un avenir possible.

L’objectif de ce rapport est donc d’encourager l’ouverture d’esprit face aux nouvelles possibilités d’intégration afin que nous puissions passer à une économie régénératrice, et de montrer que des outils émergents sont disponibles pour mettre en œuvre ces changements nécessaires.

Yes ! Comment tu veux t’y prendre pour la traduction si elle est collaborative ?

Un pad et un glossaire pour les termes techniques. Plus une communauté identifée de gens qui vont collaborer sur la traduction

1 J'aime

@JulienLecaille

Est ce que tu as pu commencer ? Si oui tu peux partager le lien du pad ? Si non, je peux lancer un pad dans la semaine, et faire un premier jet avec le logiciel de traduction proposé par la communauté.

A plus !

J’ai commencé https://annuel.framapad.org/p/PlanetarySurvival

Par contre je suis parti du pdf donc il y a encore pas mal de nettoyage à faire avant de faire le travail sur le pad.

Je peux t’envoyer le fichier texte à remettre en ordre avant de commencer à traduire

Il faut

  • séparer le corps du texte des schémas et des notes
  • enlever les blancs, les numéros de page et les mentions redondantes
  • identifier les termes techniques qui vont nécessiter une traduction cohérente et spécifique (voir Glossaire)

Je peux t’envoyer le fichier par mail plutôt

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